Première session ordinaire du cadre partenarial d'orientation et de suivi de l'Emploi et de la Formation Professionnelle

Première session ordinaire du cadre partenarial d'orientation et de suivi de l'Emploi et de la Formation Professionnelle s’est tenue hier à l’hôtel Salam dans la Salle Marhaba 2 , sous la présidence du Premier ministre, Oumar Tatam Ly.

C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont notamment le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mahamane Baby.

Le Cadre partenarial d’orientation et de suivi de l’emploi et de la formation professionnelle est un organisme consultatif qui a pour mission d’émettre des avis et de formuler des propositions sur la base des orientations contenues dans les documents de politiques nationales de l’emploi et de la formation professionnelle. L’organe se propose aussi de faire des recommandations sur toutes les questions d’intérêt national relatives à l’emploi et à la formation professionnelle. Il ambitionne enfin de suivre et d’évaluer les politiques publiques en matière de promotion d’emploi et de développement des compétences, en particulier les programmes en exécution.

Dans son discours d’ouverture des travaux, le Premier ministre a rappelé que les questions d’emploi et de qualification des ressources humaines ont constitué depuis près de trois décennies des préoccupations majeures pour notre pays. Pour y apporter des réponses, des stratégies ont été mises en place, des réformes entreprises et des projets mis en œuvre. A ce propos, le chef du gouvernement a souligné que notre pays s’est doté de cadres référentiels à travers l’adoption d’une Politique nationale de l’emploi et de formation professionnelle en vue de favoriser une bonne visibilité et la mise en œuvre d’actions cohérentes pour contribuer au recul du chômage et de la pauvreté.

Malgré ces résultats, a noté Oumar Tatam Ly, beaucoup de jeunes et d’adultes restent confrontés au chômage et au sous-emploi, privant du coup notre pays de ressources contributives à la croissance économique. Ainsi, des statistiques récentes ont révélé que plus de 86 558 diplômés sont en situation de chômage ; que le taux d’absorption de diplômés par le marché de l’emploi reste faible (11,73%) ; que 20% des enfants n’ont pas accès au système éducatif formel ; que 81% des effectifs de l’ETP sont dans le privé où les formations sont à dominance tertiaire et que près de 32% de la population active travaille dans le secteur informel non agricole avec une insuffisance de qualification.
UN PLAN D’ACTION SUR DIX ANS. « Ces chiffres nous interpellent tous. Ils exigent de nous un changement de comportement et nous imposent d’aller vers des approches novatrices et davantage d’efforts de mutualisation », a déclaré le Premier ministre. Selon lui, les grands défis à relever restent la meilleure connaissance du marché de l’emploi et ses évolutions, la maîtrise des caractéristiques du chômage et du sous-emploi, l’appréhension du degré de vulnérabilité des actifs des secteurs productifs et des besoins en qualification et compétences pour l’économie, le développement des filières compétitives, le renforcement des capacités du secteur formel et l’amélioration du niveau d’organisation et de performance du secteur informel. « Pour relever ces défis, S.E. M. Ibrahim Boubacar Kéita, président de la République, a proposé au peuple malien des objectifs clairs à atteindre en matière de promotion d’emplois et de développement de la formation technique sur les cinq années de son mandat », a rappelé le chef du gouvernement, ajoutant que ces objectifs sont consignés dans le Programme d’action gouvernemental et se déclinent comme suit : créer 200 000 emplois en cinq ans ; développer une formation professionnelle de qualité et renforcer l’offre de formation par la construction et l’équipement de centres de formation.
Au regard de l’acuité du chômage, du sous-emploi et de l’insuffisance de qualification des ressources humaines, le Premier ministre dira que le gouvernement est déterminé à impulser une évolution significative qui s’est déjà traduite au niveau des réformes institutionnelles par notamment la création d’un Institut national d’ingénierie de formation, celle d’un Observatoire national de l’emploi et de la formation professionnelle, ainsi que la mise en place d’un Cadre partenarial d’orientation et de suivi de l’emploi et de la formation professionnelle. A cela s’ajoute l’adoption d’une politique nationale de formation professionnelle dont l’opérationnalisation se fera à travers un plan d’action sur dix ans, appelé Programme décennal de développement de la formation professionnelle pour l’emploi (PRODEFPE). « Avec les réformes institutionnelles du cadre juridique et règlementaire ainsi que la mise en œuvre du PRODEFPE, le gouvernement entre dans un véritable changement de stratégie », a assuré le PM.
La première session du Cadre partenarial d’orientation et de suivi de l’emploi et de la formation professionnelle qui a réuni les acteurs public et privé de l’emploi et de la formation professionnelle a été un espace de dialogue de haut niveau, de partage et de prise de décision sur les questions qui touchent l’emploi, le développement des qualifications des ressources humaines dont notre pays a besoin et la problématique de la certification et de la validation des acquis professionnels.
La deuxième étape de la cérémonie d’ouverture a été consacrée au lancement du site officiel de l’emploi dont l’adresse est www.emploi.gouv.ml.Ce portail met en relation employeurs et candidats à la recherche d’emploi. Il contient ainsi un espace pour les entreprises, un autre pour les demandeurs d’emploi. Le site comporte également les statistiques officielles de l’emploi, les textes juridiques et règlementaires en matière d’emploi, une base de données de compétences nationales.