Table Ronde sur le financement du PRODEFPE

Une moisson de 67 milliards de FCFA

Le Programme Décennal de Développement de la Formation Professionnelle pour l’Emploi au Mali (PRODEFPE) a fait l’objet d’appel à financement, le mercredi 18 février 2015, la salle ovale du CICB, sous la présidence du Premier ministre, Chef du Gouvernement, Modibo KEITA. Ce dernier avait à ses côtés le Ministre de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne (MEFPJCC),

  assurant le leadership du projet transversal avec l’implication de 11 autres départements ministériels, en plus des organisations faîtières, des chambres consulaires, de la Société civile et, bien entendu, les Partenaires Techniques et Financiers (PTF).  Bref, près de 70 structures, organismes et partenaires, en dehors des ministères concernés au premier chef, ont répondu présent à ce rendez-vous financier visant à booster le secteur de la formation professionnelle avec un fort impact d’employabilité et de croissance économique.  

 

Après les mots de bienvenue du maître de cérémonie, le premier à intervenir était le représentant de la Banque Mondiale en la personne de M. Paul NOUMBA, en qualité de chef du groupe thématique « Education et Formation Professionnelle ». Il a exprimé l’intérêt porté par son institution financière internationale sur la formation professionnelle comme une priorité pour le développement du capital humain. Le manque de ressources humaines sapant les efforts de développement d’un pays qui verra son horizon bouché. En conséquence, il a invité les uns et les autres à explorer de nouvelles pistes en termes d’employabilité et à s’affranchir des idées reçues en matière d’adaptabilité à l’emploi, de qualification professionnelle et de formation initiale informelle ou diplômante.

Suivra ensuite une projection d’un magazine (7’30) sur le PRODEFPE, réalisé par M. Amadou KONATE, expert, résumant le processus d’élaboration du projet, ses enjeux et sa mise en route pratique ayant justement conduit à la Table-Ronde du 18 févier 2015.

 

Le PRODEFPE, c’est 170 milliards sur 3 ans

Le coordinateur du projet lui-même, Cheick Fantamady TRAORE, a pris le relai pour exposer succinctement, mais de long en large, le document-cadre du PRODEFPE qui touche toutes les régions du pays et tous les secteurs du développement économique, social et culturel. Le PRODEFPE, a-t-il résumé, c’est: 170 milliards sur 3 ans, dont 105 à mobiliser auprès des PTF à la faveur de la Table-Ronde du 18 février 2015 ; 12 ministères impliqués ; 169 emplois/métiers prioritaires ; 51 filières porteuses ; 15 secteurs économiques ; un instrument de la relance économique du Mali ; une chance pour une plus grande inclusion sociale des jeunes et, notamment, des femmes ; un dispositif d’ETFP performant et modernisé ; des résultats efficients en termes de qualifications pertinentes pour le développement durable de notre pays ; un cadre fédérateur et de bonne gouvernance propice à la synergie avec les PTF.

Après cet exposé de M. TRAORE, place au témoignage de Mme Barbara MURTIN, pour le compte de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), sur le processus d’élaboration du PRODEFPE. En effet, a rappelé Mme MURTIN, l’OIF s’est positionnée, depuis 2010, en faveur du PRODEFPE par le biais de l’expertise qu’elle lui apporte pour l’aider dans le travail d’élaboration du document-cadre et de toute la stratégie de développement des compétences. C’est assez rare, a-t-elle complimenté, se réjouissant au passage que le PRODEFPE ait pris en compte divers modes de formation initiale et professionnelle (apprentissage) et soit adapté au contexte malien de l’économie informelle.

En retour, le Chef du Gouvernement a vivement remercié les PTF pour leur accompagnement et encouragé l’équipe du PRODEFPE, avant de souligner que les prochaines étapes, après cette manifestation d’intérêt pour le financement du projet, seront correctement évaluées, souhaitant que les progrès qui seront réalisés soient en phase avec les objectifs de développement du pays dans son ensemble. Le Premier ministre Modibo KEITA a terminé sur une note d’espoir pour introduire les débats sur la manifestation d’intérêt en faveur du PRODEFPE. Ensuite, il s’est retiré  en laissant le soin au Ministre de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne (MEFPJCC), M. Mahamane BABY, de conduire les échanges à ce sujet.

 

Une moisson de 67 milliards

Les uns et les autres ont posé des questions de compréhension et d’éclaircissements sur le projet : le FMI ; la Banque Mondiale ; l’AFD, la Belgique ; la Suisse ; l’ONG Agir ; Bakari SACKO, promoteur d’un centre de formation et membre du réseau national des inventeurs maliens ; la BAD ; M. Ibrahim HAIDARA, évoluant dans le secteur du staff et la décoration ; la Ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Mme N’DIAYE Ramatoulaye DIALLO ; M. Cheickna Seydi Ahamady DIAWARA, Ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Population ; le Ministre de l’Environnement, Mohamed Ag ERLAF ; etc.  

En réponse à ces différents points d’éclaircissements, le coordinateur a d’abord tenu à lever toute équivoque sur le caractère transversal et concerné du projet à l’échelle gouvernementale, à savoir qu’il existe un point focal PRODEFPE dans chacun des 12 départements ministériels impliqués en amont comme en aval dans le processus d’élaboration et d’exécution du programme en question. Les points focaux faisant partie du cadre de concertation, en plus d’être membres de la cellule de coordination de suivi, d’orientation et de conseil dans la mise en œuvre du programme.

Quant au schéma de financement du projet, c’est celui du budget d’Etat et chaque ministère est automne dans son exécution, a précisé le coordinateur, ajoutant que la construction des centres de formation se fera en rapport avec les ministères, en fonction des besoins et filières, à travers les ateliers de priorisation qui tienne compte de la capacité de financement harmonisé sur les 3 ans correspondant à la première phase du PRODEFPE.

Relayant les propos du coordinateur du PRODEFPE, le Directeur Général de l’Office National de l’Emploi et de la Formation (ONEF) promet la fiabilité des données statistiques à laquelle travaillera la structure qu’il dirige. Celle-ci ayant justement pour vocation la réalisation des études et recherches en matière de statistiques, mais également la centralisation des données statistiques liées à la formation professionnelle et à l’emploi.

 

Le satisfecit du Ministre BABY

Pour résumer les éclaircissements apportés par le coordinateur et le DG de l’ONEF, le Ministre  BABY a notamment apprécié le volet bancarisation du secteur informel et la prise en compte des groupes vulnérables (handicapés, malvoyants, genre, etc.). A titre illustratif, a-t-il indiqué, 4 sur 9 structures de son département sont dirigées par des femmes. Le même type de progrès est réalisé avec la régionalisation en s’inspirant de l’expérience française en la matière avec France, notamment la rétrocession financière et managériale aux structures déconcentrées. La Société Civile n’est pas mise de côté non plus avec l’implication effective des organisations faitières, des ordres professionnels, des chambres consulaires et des syndicats. Pour ce qui est de la fiabilité des données statistiques, le Ministre estime que c’est un défi énorme pour l’ensemble du Gouvernement et tous les secteurs d’activités. L’essentiel à ses yeux étant de mettre toutes les chances de notre côté pour que ça marche cette fois-ci plus que par le passé avec la volonté politique, les ressources humaines de qualité et la mise en place d’un cadre approprié pour ce faire. 

Après ces séries de questions-éclaircissements, le Ministre BABY a invité les uns et les autres à signifier leur manifestation d’intérêt pour le PRODEFPE. 

Ont notamment réagi sur le champ l’OIF, la Suisse, le Luxembourg, l’UNESCO, la France, la MINUSMA, la Belgique et la Banque Mondiale.     

Au terme de cet exercice, le Ministre BABY a vivement remercié les PTF, les autres partenaires, ses collègues du Gouvernement, l’équipe et les points focaux du PRODEFPE pour leurs manifestations d’intérêt envers ce projet structurant, la cohérence et la synergie d’action ; mais aussi et surtout, pour l’intérêt porté à la mise en place d’un comité de suivi pour l’opérationnalisation du PRODEFPE et des autres programmes connexes.

Juste après, le Ministre BABY a animé un point de presse, sur place, au cours duquel il a comptabilisé les engagements chiffrés à 67 milliards de FCFA contre 105 recherchés pour un départ. Ces donateurs-accompagnateurs ont été classés par lui en 3 catégories : les partenaires traditionnels, les partenaires nouveaux et les partenaires à la recherche de synergie d’actions sur de nouveaux projets. 

Source : Cellule de communication MEFPJCC