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Ce barrage va générer 12 milliards Fcfa par an de revenus agricoles et non agricoles. Après Bandiagara le président Amadou Toumani TOURE était mardi à Soala (à une dizaine de kilomètres de Djenné) où il a procédé au lancement du Programme de Développement de l’Irrigation dans le Bassin du Bani et à Sélingué (PDI-BS).
Le PDI-BS doit réaliser le seuil de Djenné. Ce fut pour Djenné un grand jour qui a vu le lancement des travaux de réalisation du second plus grand barrage hydro-agricole de notre pays, après celui de Markala en 1932. Le coût du PDI-BS est estimé à 109 milliards Fcfa. Plusieurs bailleurs de fonds avec à leur tête la Banque Africaine de Développement (BAD), comme chef de file, participent au financement du PDI-BS. Outre la réalisation du seuil de Djenné et de ses ouvrages connexes, ce montant couvre l’aménagement de 14.000 hectares dans le Pondori, 1000 hectares en maîtrise totale dans le casier de Sarantombo-Syn, la consolidation et l’extension des aménagements du Projet Moyen Bani (PMB) dans les cercles de Bla et San sur 10540 hectares, la construction d’un seuil agricole à Kourouba sur le Sankarani. Il vient renforcer les acquis du Programme d’aménagement des périmètres de Maninkoura (PAPIM) dans le cercle de Kangaba sur 1094 hectares et la possibilité d’aménager 5000 nouveaux hectares. Le PDI-BS va permettre, entre autres, le développement du maraîchage sur 554 hectares dans les zones concernées, l’appui à l’encadrement, au crédit agricole, à la production et à la santé animale, le développement de la pisciculture sur 270 hectares, la bourgouculture sur 6820 hectares, la mise en œuvre des mesures environnementales des plans de gestion environnementale et sociale. La valeur additionnelle générée par les effets induits du barrage de Djenné est évaluée à 12 milliards Fcfa. Au plan socio-économique, l’impact du PDI-BS se traduit par la création d’emplois, la sécurisation et la gestion concertée des ressources en eau, le désenclavement de plusieurs villages de la zone d’intervention, la lutte contre les maladies, la réduction de l’exode rural. La gestion concertée des seuils de Talo et de Djenné maintiendra un débit minimal sur le fleuve Bani et restaurera partiellement le régime deltaïque antérieur d’avant les dernières sécheresses des années 70. Quant au seuil de Kourouba, il garantira la mise en eau du périmètre de Maninkoura en toutes saisons et augmentera le potentiel d’irrigation de l’Office de développement rural de Sélingué (ODRS). L’exécution du PDI-BS qui s’étalera sur 6 ans, s’inscrit dans l’objectif global gouvernemental de lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire et de promotion du développement socio-économique des zones de Bla, Djenné et Maninkoura, a précisé le Ministre de l’Agriculture, Agatam Ag ALHASSANE. Il marque le démarrage d’un des plus grands projets structurants dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance de notre pays. Si jadis, la culture du riz était possible dans les plaines de Bla et de Djenné et le long du Bani, grâce au débordement des crues naturelles du fleuve, force est de reconnaître que les niveaux d’eau de ces dernières années, permettent difficilement l’exercice d’activités agricoles, pastorales et halieutiques, a constaté le ministre de l’Agriculture. Pour inverser positivement la tendance le gouvernement a sollicité le concours de la BAD pour la formulation d’un programme global visant, d’une part, la réalisation du seuil de Djenné et d’autre part, la consolidation des investissements déjà réalisés à Talo et à Maninkoura. Le représentant résidant de la BAD au Mali, Ennahli Moulay Lahcen, a décrit le PDI-BS comme l’aboutissement d’un long processus participatif engagé entre les bailleurs de fonds et le gouvernement. Il a rappelé que le forum de Djenné tenu le 23 février 2003 a été l’acte fondateur qui a jeté les jalons de l’aménagement intégré et concerté du bassin du Bani. Il a cité dans le même ordre d’idées, l’étude du projet de développement du cercle de Djenné réalisée en 2007 avec l’appui technique et financier de la BAD qui a fourni les éclairages et les orientations nécessaires à la réalisation du seuil. Une table ronde des bailleurs de fonds tenue en février dernier a permis de boucler le financement du programme. Le président de la République a remercié les habitants du cercle de Djenné pour leur adhésion à la réalisation du seuil et les partenaires financiers notamment la BAD pour leur accompagnement. Amadou Toumani TOURE a évoqué les nombreuses difficultés rencontrées par la réalisation du projet, notamment l’opposition des populations de Djenné à la réalisation du seuil de Talo dans le cercle de Bla, un ouvrage en fait complémentaire de celui de Djenné. Aujourd’hui, le Président TOURE a salué la pose de la première pierre du seuil de Djenné qui constitue le couronnement d’efforts inlassables et de négociations sociales et financières.
Jeudi 25 février 2010 Moriba COULIBALY |